Urbanisme et développement durable

février 27, 2008

 Une petite réflexion d’une jeune urbaniste sur l’avenir de notre métier (pour ceux qui se sentent urbaniste) et de la notion un peu “tarte à la crème” du développement durable.

Bonne lecture.

Seb

“Changer les mentalités” par Laure Carmien, urbaniste

Le développement durable est aujourd’hui partout : on en parle sans cesse. Je me permets d’ailleurs d’en rappeler sa définition : “il s’agit d’un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.”
Or la façon dont nous nous “urbanisons” aujourd’hui est loin de répondre aux critères d’un développement durable (même pour les générations présentes !).
Comment se fait-il que des élus pensent à finir leur urbanisation ? Dois-je rappeler qu’un Plan Local d’Urbanisme est un document à horizon 10 ou 15 ans ? Cela signifie donc que ces élus ne souhaitent pas préserver de l’espace dans nos villes pour nos enfants ? Où se logeront-ils si tout est déjà urbanisé ? Il est vrai qu’il y aura toujours des logements qui se libèreront, mais il ne faut pas oublier que la France continue de faire des enfants ! Quelles solutions ? Est-ce que nos élus comptent sur les innovations technologiques et sur les avancées spatiales en espérant que nous iront vivre sur Mars ?
Après toutes ces questions, il serait intéressant d’apporter quelques réponses :

-Arrêtons la production de pavillons individuels 4 faces sur 700 m² de terrain minimum. Certes chacun a le droit d’aspirer à une maison avec un bout de jardin. Moi-même un jour j’espère être un peu plus éloignée de mes charmants voisins. Le fait est que tout comme la voiture, le pavillon est un signe d’élévation sociale profondément ancré dans l’imaginaire populaire. Plus notre terrain et notre voiture sont grands mieux on est considéré par nos pairs. C’est comme les enfants et les vêtements de marque… Et les pouvoirs publics pensent sincèrement que la population ne peut être heureuse que dans une maison individuelle. Sinon pourquoi auraient-ils inventé la maison Borloo après les Chalandonnettes et maintenant la maison à 15 € par jour ? Il me semble que le plus important c’est avant tout d’être propriétaire d’un logement adapté et confortable (en nombre de pièces, en terme de salubrité, d’accès aux équipements et services, mais aussi aux commerces)

- Faisons entrer dans la tête des politiques que logements collectifs et logements sociaux sont déjà différents et surtout ne sont pas vecteur de problèmes : certains élus ont tendance à assimiler logements collectifs et logements sociaux. Or cela ne veut rien dire : il peut y avoir des logements collectifs de standing et des logements sociaux individuels (comme les maisons Borloo). Ces mêmes élus ont tendance à préférer les pavillons parce qu’ils savent que ces propriétaires, pour la plupart, représentent des impôts locaux et un individualisme à tout épreuve. Ces habitants travaillent en grande majorité à Perpignan ou dans les pôles d’équilibre, ne rentrent que le soir et se barricadent chez eux pour ne pas apercevoir ce qu’il se passe dehors. Les quartiers pavillonnaires sont garants d’une certaine paix sociale, puisqu’il n’y a pas de vie, pas d’espace public…

- Favorisons les projets urbains de qualité : préférons les maisons en bandes, les petits collectifs (à 2 ou 3 logements), si on ne peut pas continuer à s’étaler on peut augmenter les hauteurs des constructions d’un étage (9 m) par exemple et surtout créons de véritables quartiers où l’espace public est réfléchi dans une recherche permanente de qualité. Si on offre des espaces verts de loisirs aux habitants ne leur serait-il pas plus facile de se passer d’un jardin privatif ?

Ce ne sont que quelques propositions d’une jeune urbaniste encore idéaliste, parmi de nombreuses solutions qu’il est impératif d’adapter aux caractéristiques et enjeux locaux. Je n’ai dépeins ici que des extrêmes pour attirer l’attention sur mon quotidien de technicienne et sur la gravité de la situation si nous ne réagissons pas au plus vite. De nombreuses autres solutions sont envisageables (peut-être pas avant les élections municipales !) pour palier la crise du logement notamment, mais il va falloir avant tout changer les mentalités !!!

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22 Comments Add your own

  • 1. laure carmien  |  février 27, 2008 at 10:45

    C’est très étrange de trouver ma réaction sur le blog des étudiants de l’institut d’aménagement et d’urbanisme de Lille….
    En tout cas merci de me lire et surtout de réagir !!! Il serait intéressant de ne pas s’arrêter là et de poursuivre le débat. Je serais ravie d’avoir d’autres points de vue et réactions sur la façon de faire de l’urbanisme aujourd’hui en France et d’être urbaniste (ou futur urbaniste) !!!

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  • 2. Eife  |  février 27, 2008 at 1:01

    J’ai parcouru l’article en travers au boulot, en me disant qu’il fallait que je reviennes dessus en profondeur…
    Maintenant que je vois qu’en plus je vais pouvoir débattre avec l’auteur, c’est encore mieux!

    Je commenterais ce soir, promis!

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  • 3. Coco  |  février 27, 2008 at 3:26

    Et bien, on ne peut être que d’accord, non? Enfin, je veux dire qu’on nous a répété tout ça pendant toutes nos études, et je crois que la confrontation au terrain et à certains élus va être parfois rude, car effectivement, il me semble bien que tous ces principes (densité, arrêter l’étalement urbain, etc.) ne sont pas acquis pour tout le monde!

    (par contre, d’où vient cet article Seb? Et qui êtes-vous Laure Carmien?)

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  • 4. levenar  |  février 27, 2008 at 5:41

    Alors premièrement l’article vient de la newsletter du moniteur.

    Sinon sur l’article j’aurais une remarque, une grande partie de l’urbain d’aujourd’hui à été construit avant qu’arrive cette notion de développement durable dans l’urbanisme, et on détruit des grands ensembles qui n’ont pas grand chose des principes de développement durable à part la densité, mais ne devrions nous pas aussi détruire c’est immense banlieue pavillonnaire qui elles n’ont strictement rien de durable. Juste parce que les gens s’y sentent bien et qu’il peuvent faire le tour de leur maison ont devrait garder cette cicatrice qui fait que nos villes ne seront jamais des modèle d’urbanisme durable.
    Dans cette notion de développement durable il a une notion de temps, les grands ensemble ont à peine 40 ans et on les détruit car pas vivable, pourquoi ne pas détruire ces lotissements… Libérons nous de ce boulets pour partir sur des bases saines pour une ville durable.
    Peut être suis-je beaucoup trop idéaliste.

    Seb

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  • 5. laure carmien  |  février 27, 2008 at 6:02

    Je ne suis pas grand chose : juste une urbaniste de Perpignan qui a commencée à travailler il n’y a que 2 ans !! Et la confrontation à certains élus est effectivement compliquée, pour l’avoir vécu maintes et maintes fois.

    Ce texte est une simple réaction à un article que j’ai lu dans la news letter du Moniteur de lundi relatif aux maisons à 15€ par jour de Mme Boutin. Encore une fois, nos politiques et dirigeants emploient le terme de MAISON et cela m’a mise hors de moi : il semblerait que le Français ne peut être heureux que s’il vit en maison individuelle. D’où ma réaction…

    Ces annonces ne vont pas arranger notre travail et je cherche justement des moyens “efficaces” pour faire entendre raison. Ce n’est tout de même pas insensé que de vouloir construire des villes solidaires, équitables et vertes ?!! Après tout (comme le disait Coco) on nous le martèle sur les bancs de la fac et dans les plus grandes instances avec de jolis mots : développement durable, gaz à effet de serre, étalement urbain, densité, mixité…. Et pourtant on nous demande quand même de faire du pavillonnaire !!! Les urbanistes sont-ils dédiés à devenir schizophrènes ?

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  • 6. Eife  |  février 27, 2008 at 6:19

    Bon, j’ai lu l’article patiemment cette fois, et je vais donc revenir dessus. Et pour point de départ, je vais rebondir sur le commentaire de Seb.

    Si l’on se concentre uniquement sur le développement durable en matière de logement (mais on peut extrapoler également pour d’autres thèmes), la question du développement durable concerne certes l’environnement, mais également ne l’oublions pas, le social et l’économie!

    Or, comme il l’est expliqué dans l’article, finalement, on oppose 2 modèles de construction à l’heure actuelle. De manière très simplifiée, on obtient d’une part :
    – un modèle de logement collectif très dense, donc plutôt intéressant d’un point de vue environnemental. Malheureusement, a ce modèle est associé de forts problèmes sociaux, du a sa conception actuelle et à d’autres facteurs non liés à l’urbanisme.
    – un modèle d’habitat pavillonnaire extensif, désastreux en termes environnemental (en terme d’énergie, mais aussi en terme de réseaux d’assainissement, de transport, de télécommunication et j’en passe), mais qui à l’heure actuelle (je prends le pari que ça risque d’évoluer très rapidement ça…) ne pose pas autant de problèmes sociaux, comme l’a bien montré Laure dans son article.

    A l’heure actuelle, les politiques ont pleinement conscience des troubles que peuvent amener des problemes sociaux (les émeutes de plus en plus fréquentes sont malgré tout un bon moyen de sensibilisation, même si les réponses apportées ne sont pas forcément les bonnes). En revanche, les troubles que peuvent amener les problèmes environnementaux ne sont pas encore assez « marquants »( pour ne pas faire la parallèle avec la « violence » des émeutes) pour que les politiques prennent en compte ceux-ci.

    Pour traduire ma pensée, je pense qu’il doit être possible de regarder le 3eme pilier du développement durable, en se plaçant sur le point de vue macro-économique : Le rapport « dégâts/avantages » économique des ensembles collectifs de banlieue est encore inférieur à celui des lotissements pavillonnaires de banlieue.

    L’heure n’est donc pas (encore !) à la remise en question de notre modèle de développement, ni à l’invention d’un autre. Et encore moins à sa mise en place…

    Maintenant, pour finir, je voudrais revenir sur notre propre prise de conscience individuelle. Combien sommes nous a avoir fait le choix d’un logement correspondant aux critères de DD lorsque le choix nous était présenté ? Pas beaucoup je crois. Laure l’a bien exprimé, il faut également faire des efforts pour balayer devant sa porte.
    Mais si l’on pousse la réflexion du développement durable jusqu’au bout, combien seront prêt à vivre à élever des chèvres dans le Larzac comme diraient certains… ?

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  • 7. laure carmien  |  février 27, 2008 at 6:35

    La notion de développement durable apparaît dès le début des années 70 quand on s’est rendu compte que la population mondiale se développait de façon exponentielle après la guerre. Malheureusement on commence à réellement en parler depuis le début des années 90 (?!) Est-ce simplement un effet de mode ou une réelle préoccupation ??

    Je ne sais pas s’il faut détruire les quartiers pavillonnaires : on est déjà face une crise du logement sans précédent (paraît-il) et on ne réussit pas à faire face avec la destruction des grands ensembles !!! Il faut maintenant réagir, finir le chantier des banlieues (et ce n’est franchement pas gagner) et faire un urbanisme cohérent comme les anciens ont su le faire avant nous. Finalement les centres anciens ne sont pas si mal que cela, non ?!! Ce sont dans les centre-ville que l’on trouve souvent du commerce, des espaces piétons, une vie sociale, des équipements et des services, un tissu bâti serré et diversifié… Ce ne serait pas définition de la mixité ?!!

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  • 8. Eife  |  février 27, 2008 at 6:47

    Si on ne prend pas en compte la gentrification des centres villes, oui ^^

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  • 9. seb  |  février 28, 2008 at 8:21

    Un commentaire à l’article de Laure Carmien dans la newsletters du Moniteur.

    “Le syndrome Desperate housewives” par Julien Vincent, architecte
    On ne peut certainement pas mesurer avec précision l’impact d’une série tv comme “Desperate housewives” sur l’urbanisme de notre territoire, mais je suis sûr qu’il a sa part de responsabilité dans l’imaginaire collectif des Français.
    Loin de l’idée d’accabler cette série (que j’ai bien dû regarder, sinon je n’en parlerai pas…) ni aucune autre, je me demande juste comment nous pourrions combattre ce phénomène sur ses terres, à la télé. (Les émissions de déco sont elles notre revanche ? je ne sais pas…)
    Il faut inverser la tendance, et vite. Même moi, jeune architecte (formé au travail à l’échelle du territoire par l’EAVT), je préférerai aujourd’hui habiter dans une maison que dans mon appartement !
    Les raisons ?
    - Mon fils de 2 ans n’a pour espace extérieur de jeu qu’un balcon de 2m² (ce qui est déjà bien mieux que tant d’enfants), duquel il pourrait facilement tomber, étant donné son habitude de déplacer des choses et de monter dessus.
    - Nous passons notre temps à lui demander de marcher sans faire de bruit, depuis que les voisins du dessous se sont plaints. Des infirmiers qui travaillent la nuit, et donc dorment la journée, pendant qu’il joue au dessus de leurs têtes.
    - Les amis, la famille, les connaissances, préfèrent 1000 fois se retrouver chez d’autres que nous, dans leurs grands jardins, au soleil, plutôt que de s’entasser dans notre petit séjour sans lumière.
    Donc, je me demande si l’idéal français est vraiment la vie en pavillon, ou bien si certains ont fait un raccourci trop rapide, et si ce n’est pas plutôt de ne pas vivre dans un appartement “normal”, comme le mien.
    A l’agence, nous avons récemment réhabilité un appartement en duplex (voir la photo ci-dessus), de la même surface que le mien (70m²), mais avec 70m² de terrasse sur trois côtés, et peu de vis-à-vis.
    Ce n’est pas seulement parce qu’il est réhabilité avec goût ;-) ;-) , mais mon choix serait vite fait face au plus confortable des pavillons.
    L’espace extérieur n’y manque pas, l’isolation acoustique a été renforcée au sol inférieur (+ chauffage par le sol), et mon fils y a été le plus heureux du monde lorsqu’il est venu visiter.
    Si, en plus, il était dans un collectif plus petit, ce serait le paradis.
    Donc, ne perdons pas espoir.
    Mais il faudrait agir vite. Plus vite que de se mettre à retaper des appart’ un par un.
    Il faut faire ce que dit très bien Laure Carmien, et aussi, arrêter de favoriser l’accession au pavillon, mais plutôt l’accession et la rénovation des appartements.
    En plus, cela va dans le sens d’une meilleure isolation des logements existants, et c’est bien.
    Agissons !
    Julien Vincent, Why architecture

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  • 10. seb  |  février 28, 2008 at 8:25

    Encore un autre commentaire du moniteur, si vous aussi vous voulez réagir c’est possible sur
    http://www.lemoniteur-expert.com/depeches/depeche.asp?t=2&acces=0&id=D3CBA1274&mode=0

    “S’inspirer des anciens” par Magali Vincent
    Je ne suis ni urbaniste, ni universitaire, ni socio-truc. Je suis juste une femme (bientôt jeune grand’mère, quand même !…) sensible au problème d’”habitat” (je n’ose même pas utiliser le mot urbanisme, c’est dire si je me sens peu spécialiste de la question !) tel qu’il est évoqué dans le point de vue de Laure Carmien.
    C’est pourquoi, comme vous m’en donnez la possibilité, je me permets de réagir car je travaille à commercialiser des maisons pour une agence immobilière et je me sens directement concernée par le phénomène évoqué de “la production de pavillons individuels 4 faces sur 700 m² de terrain minimum.”
    Pour côtoyer chaque jour des gens en recherche d’une maison à acheter, je peux vous affirmer qu’ils ne rêvent pas tous nécessairement de ce modèle, mais il faut dire que c’est celui qui leur est majoritairement proposé par les professionnels (architectes ?). Pourquoi ceux-ci ne s’inspirent-ils pas plus de ce qu’ont fait les anciens ?
    Mon “terrain de jeu” est situé dans l’arrière-pays montpelliérain, au pied des Cévennes. Je connais certains villages où vivent des dizaines de familles sur une superficie au sol extraordinairement réduite. malheureusement, je n’ai pas les moyens de vous donner des chiffres, mais la connaissance de ce milieu – j’ai visité et ausculté bon nombre de ces maisons lors d’estimation ou de ventes – me permet de dire que les gens y vivent plus que bien, sans aucune nuisance due au voisinage : les murs de pierre y sont très épais, les niveaux très hétérogènes permettent à tous de profiter du soleil, de la vue, de son espace privé extérieur et on peut y vivre à quelques mètres les uns des autres sans se voir de plusieurs jours !… pour preuve, ces villages deviennent des lieux très recherchés pour leur qualité de vie et la moindre masure devient un enjeu !…
    Si je prends l’exemple de mon propre habitat : avec mes deux voisins directs, nous occupons au sol environ 1 000 m² sur lesquels nos trois maisons ont été construites dans les années 1850 ; elles sont implantées de telle sorte, plus ou moins dos-à-dos, que nous passons parfois plusieurs jours avant de nous rencontrer, la disposition des maisons entre elles empêchent que l’on se voit ou que l’on s’entende même quand on est dans le jardin ! C’est une vraie prouesse qui nous étonne toujours.
    J’ai aussi vécu dans des pavillons de lotissement de maisons individuelles : la vie y est beaucoup moins tranquille, on se sent en permanence “vu”, vos actes quotidiens semblant être imités à l’infini de façon déprimante : entrer et sortir la voiture, étendre le linge, nettoyer la piscine, faire son barbecue, tondre la pelouse,… sans parler du “sans-gêne paysager” que peut représenter l’installation sauvage d’un brise-vue en plastique vert, d’une cabane à outils, d’une piscine hors-sol, et j’en passe…
    Bon nombre n’y trouve pas le bonheur espéré.
    Alors, oui, il faut aider à changer les mentalités ! Mais, SVP, pas de “maisons en bande” ! Que les architectes s’inspirent de ce que nos anciens ont bâti jour après jour, à force d’observation : la sociologie, quand on est petit paysan dans son village, on ne l’étudiait pas, on la pratiquait et pas besoin d’avoir son certificat d’étude pour savoir que si on orientait l’entrée de sa maison de telle façon ou si on faisait une petite terrasse là, ce serait bien pour tout le monde…
    Je vois éclore toutefois, çà et là, lors de mes pérégrinations de bonnes choses qui vont dans ce sens, en général de petits programmes de réhabilitation portés par des communes. J’aimerai tant pouvoir agir avec d’autres pour les porter en exemple !
    Merci de m’avoir lue.

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  • 11. laure carmien  |  février 28, 2008 at 9:34

    Ces 2 articles sont très intéressants. Nous sommes tous d’accord ici, mais on continue à construire des maisons individuelles. Combien de temps cela va-t-il prendre pour une réelle prise de conscience ?!! Surtout si nous urbanistes dont c’est le métier, nous ne réussissons que peu à convaincre !!

    Est-ce que le phénomène de gentrification est un phénomène inquiétant ? Je n’ai pas en tête d’exemple de ville où cela pose un réel problème aujourd’hui. Il semblerait que ce soit “tassé”… Du moins on en entend moins parler (une autre notion à la mode à un moment ?) A Perpignan, cela a permis la rénovation d’une part importante du centre ancien. Je ne dis pas que c’est socialement équitable, mais cela a permis de redonner de la population à ma ville, à l’embellir un peu et surtout à la rendre plus vivante. Après il est évident qu’il faut maintenir une mixité sociale (autre mot à la mode ?!) et ne pas permettre l’éviction des populations les plus sensibles.

    Ce matin j’ai entendu un reportage intéressant sur le développement des quartiers pavillonnaires…………… en Sibérie…. Les changements économiques favorables pour une certaine part de la population ont créé une nouvelle classe sociale très aisée qui en a assez des immeubles soviétiques et aspire à une maison individuelle….Certains jours je suis découragée de faire mon métier !!

    Que fait-on ? Nous continuons d’en parler et à être tous d’accord ?

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  • 12. Eife  |  février 28, 2008 at 10:42

    Pour revenir sur l’article de Julien Vincent et le Syndrome de Desperate Housewifes, je ne sais pas si cette série à un impact sur le comportement des ménages français (personnellement, je pense qu’il était déjà ancré avant), mais en tout cas, c’est l’expression directe de “l’American Dream”…
    La petite maison avec jardin et clôture blanche à encore de beaux jours devant elle…

    Même avec une AEU ( qui devrait s’inspirer fortement de l’exemple donné par Magali Vincent (tiens, c’est marrant tous ces Vincent ici)), on restera loin de l’effort qu’il faudrait fournir…

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  • 13. Vince  |  février 28, 2008 at 7:59

    Quel dommage Laure que tu réduises ton “métier” à la non-construction de maisons individuelles.

    Le métier d’urbaniste n’est heureusement pas limité à cela et ce n’est pas là, à mon avis, que le bas blesse.
    La maison individuelle n’a pas que des inconvénients environnementaux comme le dis Eife plus haut. Elle peut également être source de problèmes sociaux : je suis convaincu que les habitants d’un immeuble collectif on plus de rapports avec leur voisin que la plupart des habitants des nombreuses zones résidentielles appelées communément lotissements.
    Ces lotissements qui pour bon nombre sont sans vie diurne par manque d’équipements, de commerce de proximité, d’espaces publics dignes de ce nom,…
    Certains de ces lotissements ont d’ailleurs bénéficié d’une AEU qui n’est pas un gage de qualité mais une simple démarche participative parrainée par l’ADEME.
    C’est cela le métier d’urbaniste, penser un renouvellement ou une création de quartier en fonction de son utilisation future, et non pas réfléchi de manière automatique selon le tryptique devenu culte. Qui d’ailleurs, n’est que trop rarement accompagné de la gouvernance (appartenant aussi au concept de développement durable).

    Pour en revenir au problème de l’aménagement actuel, je ne pense pas que la forme urbaine soit extrêmement problématique, bien que les lotissements me font horreur…
    Le rêve français n’est pas dans la “forme”, mais bien dans le “fond”. En effet, chaque français, et tu le décris bien dans ton article, rêve d’être “propriétaire”… et c’est en multipliant les propriétaires que l’on bloque l’évolution des villes et des bâtiments.
    Ce manque de flexibilité ne permet pas aux différentes générations de s’adapter à la ville. Il faut que la ville s’adapte aux habitants, il faut donc refaire la ville.
    Prenons les barres d’immeubles par exemple. Je conçois que celles gérées par les bailleurs sociaux vieillissent mal, mais quand est il des copropriétés, regardons simplement la cité “Bellevue” de Marseille, son état est bien pire que l’immeuble social le plus mal entretenu de France…

    Pourquoi ne pas prendre exemple sur nos concitoyens européens et favoriser la location à la propriété….

    Vince

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  • 14. Eife  |  février 28, 2008 at 10:10

    Je n’ai jamais dit que les lotissements ne posaient que des problèmes environnementaux. Je suis pas assez du genre catégorique pour affirmer cela. Mais je tiens à préciser : je parle de problèmes sociaux “visibles”. Je suis tout a fait d’accord avec toi Vince quand tu relève le fait que ne pas se parler est aussi un problème social.

    Quand à l’AEU, il s’agit bien d’une démarche ENVIRONNEMENTALE, et pas de développement durable. Le social n’est donc pas pris en compte (en tout cas, pas dans les textes).

    Par contre, par rapport à l’utilisation du “quartier”, je ne suis pas d’accord pour dire qu’une utilisation doit être réfléchie, pensée. L’évolutivité d’un aménagement est un point important du développement durable, et on doit pouvoir s’adapter a un contexte qui change.
    D’autant plus que, selon moi, parler “d’utilité” d’un quartier revient à lui donner un caractère prépondérant, comme par exemple l’habitat… et c’est souvent ça qui pose problème.

    Mais je pense que j’ai pas bien saisi tes termes sur ce passage, parce que c’est un peu en contradiction avec ce que tu exprimes avant et après…

    Répondre
  • 15. Vince  |  février 29, 2008 at 8:23

    les termes “réfléchi” et “pensé” ne veulent pas dire “figé” ou “fixé” ….
    de même que l’utilité n’exclue pas la “mixité” des fonctions…

    Répondre
  • 16. romain  |  février 29, 2008 at 10:23

    Le problème c’est qu’il n’est pas possible de changer les moeurs du jour au lendememain et surtout dans le cadre actuel. La réforme de la taxe professionnelle tend à réduire de plus en plus l’apport qu’elle peut représenter pour les communes et les financements de l’Etat ne suivent pas…
    Les seuls moyens de faire rentrer rapidement de l’argent dans les caisses de la commune, c’est d’augmenter les impôts locaux ou d’attirer un maximum de monde, or on sait très bien que ce qui est vendeur actuellement c’est la propriété avec le petit pavillon privatif avec un bout de jardin (pour se donner l’illusion d’un retour à la nature), le logement collectif a mauvaise presse…
    Si on suit cette logique c’est quasment normal que les maires des communes rurbaines se dirigent vers ce type d’aménagement et la tendance ne s’inversera pas tant que la mentalité des gens ne changera pas ou que l’état des finances actuelles (c’est dans lère du temps il paraît) ne permette pas aux maires de refuser ce type de construction.

    Ce qu’il faut c’est une véritable politique d’enseignement des enjeux du développement durable tournée vers les scolaires, les collègiens et les lycéens en mettant en avant le fait que l’espace en soi est une ressource à part entière. A défaut de pouvoir inflégir cette logique du tout pavillonaire à court terme, essayons au moins de limiter la casse pour l’avenir. (Ou alors on demande à Charle Villeneuve de faire des émmissions qui font peur sur les espaces ruraux pour casser l’image d’épinal de ce type de retour à la terre… )

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  • 17. Eife  |  février 29, 2008 at 11:00

    Je suis pour la demande à Charles Villeneuve!
    Malheureusement, ils l’ont viré de TF1, donc il pourra plus faire peur. Et comme ils ont gardé Pernault, les espaces Ruraux continuerons d’attirer les ménages XD

    Je suis à fond pour la sensibilisation auprès des jeunes, mais je reste perplexe sur le temps qui nous reste…
    Et puis, les profs sont ils prêts à enseigner cela? (il faudrait déjà qu’ils l’aient intégré eux même, c’est pas gagné… Faudrait que notre cher président fasse une réforme dans ce sens…?)

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  • 18. romain  |  février 29, 2008 at 11:58

    Charles Villeneuve viré?! C’est fou ce que le monde change lorsque l’on a pas de télé…

    Les professeurs et instituteurs doivent être formés, c’est clair, mais il existe des solutions alternative qui peuvent d’ailleurs être initiées par les communes elles-même.
    Certaines association de vulgarisation de la science et des Principes du Développement Durable réalisent un travail remarquable lorsqu’on les invite à la participations d’ateliers dans les écoles.
    On peut citer par exemple l’association des Petits Débrouillards qui intervient dans les écoles et les centres aérés et qui tente d’expliquer la science et les problèmes climatiques aux gosses par des expériences et des maquettes à la “C’est pas sorcier”.

    Les communes peuvent réaliser des partenariats avec ce type d’associations, c’est le cas dans mon bled mais ca existe un peu partout. A défaut d’avoir une éducation Nationale très pédagogique vis à vis de ces problèmes, il faut peut être travailler avec des asso qui elles connaissent bien le sujet et les moyens de le présenter.

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  • 19. laure carmien  |  février 29, 2008 at 12:05

    Heureusement que je ne limite pas mon “métier” à la non-construction de maisons individuelles, Vince !!!! Toutefois, si le lotissement pavillonnaire est une forme urbaine très courante, qu’ils posent des problèmes environnementaux et sociaux et que mon métier est de faire de l’urbanisme finalement je dois faire particulièrement attention à ne pas faire construire des maisons individuelles, ou je me trompe ?!!

    Et je réaffirme que l’aménagement actuel est réellement problématique. C’est un fait : quand on superpose la carte des risques, la carte des zones naturelles, des protections environnementales (ZNIEFF, ZICO, ZPS, parc naturel…..) ou encore les contraintes de terrains, on s’aperçoit pour de nombreuses communes (en tout cas de mon Département) qu’il ne reste plus grand chose d’urbanisable. Donc comment penses-tu poursuivre le développement de nos villes si on construit toujours plus de pavillons ? A savoir qu’il faut “caser” sur le territoire des commerces, équipements, espaces verts, activités économiques et qu’il faut faire attention à ne pas écraser la dauradille laineuse….. Je ne prône pas le retour à un urbanisme soviétique ou le retour des grands ensembles. Il s’agit juste de mieux réfléchir les futurs quartiers et de penser nos villes dans la mixité urbaine. Je ne cherche pas à interdire la maison individuelle, juste à diminuer son impact. Il est possible de diminuer les Coefficients d’occupation au sol, d’augmenter les hauteurs pour obtenir plus de densité. Tout le monde a le droit d’être propriétaire, mais tout le monde n’a pas besoin de 700 m² de terrain pour vivre…. Encore une fois à condition d’être moins individualiste et d’habiter un quartier qui offre une qualité de vie et un cadre agréable. Je vous conseille de passer par le Moulin à Vent de Perpignan qui est l’exemple d’un quartier essentiellement constituer d’immeubles allant jusqu’à 10 étages et qui fonctionne (contrairement aux banlieues des grandes villes) !!! Justement parce qu’il a été pensé. La population ne se sentant pas prise au piège, a su en prendre soin (si je puis dire).

    J’ai l’impression d’être prise au piège quand je propose un schéma d’aménagement à un élu et à son promoteur !!! Le but étant de faire du fric, la balance a vite fait de pencher en faveur du pavillon qui apporte une certaine population imposable et tranquille !!! Si en plus notre Ministre du logement propose de la maison à 15€ par jour pour que chaque Français puisse se sentir socialement plus élevé, on a pas fini !!!

    Petite parenthèse : je suis pour la sensibilisation à l’environnement et à sa protection dès le plus jeune âge, d’autant plus que des études ont montré que le message passait super bien chez les parents quand il est transmis par nos bout de choux !!! Et pour être entourée de profs, cela commence à venir…

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  • 20. Eric  |  février 29, 2008 at 12:44

    Ah les petits débrouillards, que de bon souvenirs quand j’étais animateurs la dedans…Le soucis, c’est que ces interventions ne sont pas données du tout et peuvent dépasser largement les maigres budgets des communes cible des gourmandises des promoteurs
    Pour les professeur et instituteurs, ça arrive aussi plus vite qu’on ne le croit, mais la aussi les formations diverses préalables à l’IUFM donne des degrés d’implications différents suivant les personnes.

    Pour travailler actuellement sur des communes péri urbaines a fortes tendances campagnardes ( de type de vastes fermes et exploitations laitières a 10 minutes d’un centre ville et du métro…), il y’a le privilège du logement individuel, on vient a la campagne pour la tranquillité, La revendication traditionnelle et naturelle de la tranquillité résidentielle conduit souvent à l’introversion ; elle ne peut cependant légitimer les discontinuités importantes qu’elle induit. Lotissements « mono–orientés », boucles et cul de sacs extrêmement nombreux sont un obstacle à la continuité urbaine et donc au dialogue tant sur le lan humain que sur le plan “social” a savoir que pour le premier j’entends la discussion avec le voisin et pour le second, j’entends une implication dans la vie de la commune.
    Il y’ a une sorte de “gentlemen agreement” pour tout le monde, je te laisse tranquille et tu me laisse tranquille.

    Pour les élus , le logement collectif c’est du social et si ils construisent c’est pour respecter le PLH quand ils font partie d’une agglo… du rest c’est le fameux NIMBY… notamment pour les gens du voyages et leurs aires de séjours..

    Le problème semble venir a la fois des autochtones qui se voient “envahis” par ces nouveaux arrivants (vécu la semaine dernière: “mais Mr le maire, vous allez mettre quel genre de population dans ces appartements? pas des chômeurs j’espère, et encore moins des jeunes, je veux être tranquille…dixit une personne âgée du village depuis sa naissance…), et des nouveaux arrivants qui pour certains se sentent en terrains conquis, et pour d’autres refoulés…

    Réglons a la base ce problème de communication et de vie commune, que ce soit au niveau urbanistique ou au niveau social et je pense sincèrement que l’idée de développement durable s’appliquera a chaque acte du quotidien, progressivement certes mais surement.

    Répondre
  • 21. Eife  |  février 29, 2008 at 2:29

    N’oublions pas que les élus ont également un rôle d’éducation et de sensibilisation à jouer, mais que ce “courage politique” fait défaut. C’est bien à l’élu d’expliquer a la personne agée que tu cites Eric que non, les jeunes, les chômeurs et j’en passes ne sont pas tous des personnes infréquentables

    Romain, je suis entièrement d’accord avec toi sur la sensibilisation. Les opérations se mobilisent, et d’avoir plus de partenariat entre l’école et les spécialistes est un vrai plus.
    Sinon, merci à Laure de nous remettre un peu d’optimisme dans ce dialogue en nous rappelant que s’il y a encore bcp à faire, nos ptits bout de chous nous renvoient tout de même une amélioration de cette prise de conscience.

    Répondre
  • 22. levenar  |  mars 17, 2008 at 7:03

    Une idée de Christine Boutin comme si elle avait lu notre débat: elle propose des appartements à 15 euros par jour!!!

    Après les maisons, Mme Boutin veut des appartements à 15 euros par jour
    La ministre du Logement Christine Boutin, qui a annoncé fin février le lancement de la “maison à 15 euros par jour”, formule d’accession à la propriété réservée aux foyers modestes, a plaidé jeudi pour une extension de ce dispositif aux appartements.
    “Les parlementaires m’ont accordé ce nouveau mécanisme pour la maison individuelle mais pas pour le collectif, ce qui à mon avis est une erreur”, a déclaré Mme Boutin sur RMC.
    Christine Boutin a annoncé le 21 février le lancement de “la maison à 15 euros par jour”, qui, “pour le prix d’un loyer classique”, permet aux foyers modestes de devenir propriétaire d’une maison d’au moins 85 mètres carrés et de son terrain de 250 m2 ou davantage.
    Le dispositif reprend la formule du Pass-Foncier, qui permet de payer d’abord la maison – sur une période de 25 années maximum – puis le terrain, grâce à un portage assuré par le 1% logement.
    “Ce que je souhaite, c’est que le même mécanisme, qui dissocie l’acquisition du bâti et du foncier, soit possible pour le collectif, pour les appartements, mais aujourd’hui la loi ne le permet pas”, a dit Mme Boutin.
    “C’est la grande différence avec la maison Borloo qui n’a pas marché parce qu’il n’y avait pas le foncier”, a-t-elle ajouté.
    Le dispositif doit être lancé officiellement le 15 avril. “Si des signatures sont faites avant fin avril mi-mai nous aurons la possibilité de mettre les premières clés dans les maisons à 15 euros pour Noël”, a conclu la ministre.

    Répondre

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